FUNERAILLES DU P. PAUL CHAPELLE

DECES DU P. PAUL CHAPELLE

Le Père Paul Chapelle
de la communauté jésuite Claude La Colombière
est décédé ce vendredi 7 juillet 2017.

Il était né le 8 février 1934 à Namur.
Il était entré dans la Compagnie le 14 septembre 1953.
et il a été ordonné prêtre le 6 août 1965.

Le P. Paul Chapelle a été accompagnateur spirituel de nombreuses personnes, religieux, prêtres et futurs prêtres, souvent en lien avec l’I.E.T., à Bruxelles et à Paris.

Une veillée de prière a eu lieu ce mardi 11 juillet, à 15h, à la communauté de La Colombière.

Ses funérailles ont été célébrées ce mercredi 12 juillet, à 10h, dans notre l’église.

PRESENTATION DU P. PAUL CHAPELLE

Le P. Paul Chapelle est né à Namur, le 8 février 1934, Son père, pharmacien, fut tué dans le bombardement de la ville en août 1944. Après les humanités et une année de philologie, Paul entre au noviciat le 14 septembre 1953, suivant les traces de son frère Albert, futur fondateur de l’Institut d’Études Théologiques (IET). Après le juvénat à Wépion et la philosophie à Eegenhoven, il fait un an de régence à Liège Saint Servais et deux ans à Bujumbura. C’est ensuite la théologie à Eegenhoven, de 1962 à 1966, il est ordonné prêtre le 6 août 1965. Il retourne alors en Afrique, un an encore à Bujumbura, puis un an comme enseignant à Kikwit Saint François-Xavier. En 1969-70, c’est le troisième an à Wépion. Après deux années d’approfondissement de la théologie spirituelle et déjà de mise en pratique dans le ministère des Exercices, il retourne une dernière fois en Afrique, à Kimwenza (Canisius) où il assure divers ministères. En 1976, il rentre en Belgique et fait désormais partie de la communauté du théologat, à Bruxelles. Jusqu’en 1990, il est père spirituel des scolastiques et donne les exercices spirituels. À partir de 1983, il prend plus particulièrement en charge les séminaristes du diocèse de Paris qui font leurs études à l’IET. De 1994 à 2015, il est directeur spirituel, à la fois à l’IET et au séminaire diocésain de Paris, ce qui l’amène à de nombreuses navettes entre les deux capitales. Profondément spirituel, très attentif aux personnes, il a aidé beaucoup de jeunes à mûrir leur vocation et accompagné beaucoup de prêtres, religieux et religieuses. Atteint par la maladie, astreint à la lourde contrainte de la dialyse, trois matinées par semaine, il rejoint la communauté Saint-Claude en septembre 2015, ce qui ne l’empêche pas de continuer son ministère spirituel. Depuis trois semaines il avait renoncé à la dialyse ; aidé par les soins palliatifs, il s’est acheminé doucement vers le départ, lucide et attentif aux personnes jusqu’au bout. Il est parti vers son Seigneur avant l’aube de ce vendredi 7 juillet.

HOMELIE DE LA CELEBRATION DE FUNERAILLES PAR LE P. JEAN-MARIE HENNAUX, sj..

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MOT D’ADIEU AU P. PAUL CHAPELLE PAR Mgr ERIC de MOULINS BEAUFORT

La Providence permet que j’adresse aujourd’hui un mot d’adieu au Père Paul Chapelle. D’autres, mieux placés ou qualifiés que moi, en sont empêchés : le cardinal Vingt-Trois qui se remet sûrement mais patiemment de sa maladie ; Mgr Jérôme Beau, en retraite trop loin d’ici. Je remercie Mgr Pierre d’Ornellas, qui préside notre célébration, de me laisser la parole : il a tant œuvré lui-même pour la formation des prêtres de Paris et d’ailleurs, notamment ici à Bruxelles, à l’IET, en collaboration avec le Père Paul Chapelle. Je parle aussi au nom de beaucoup de prêtres, ceux qui sont ici et ceux qui auraient voulu entourer le Père Chapelle en ce jour et qui se joignent à notre prière par leur propre prière et l’offrande de la messe : certains qui, comme moi, ont bénéficié de la conduite du Père Paul Chapelle supérieur de la maison Notre-Dame-della-Strada, maison des séminaristes des Paris en formation à l’IET et ceux, plus nombreux encore, que le Père Paul Chapelle a accompagnés dans la recherche de la volonté de Dieu, jusqu’à ce que la maladie l’oblige à arrêter ce ministère.
En exprimant ma gratitude personnelle au Père Chapelle, en évoquant quelques souvenirs, j’ai la chance de pouvoir prêter ma voix au cardinal Lustiger et au cardinal Vingt-Trois pour proclamer devant vous et devant Dieu la reconnaissance du diocèse de Paris à son égard.
Cher Père Chapelle, le premier souvenir qui est monté à ma mémoire lorsque j’ai appris votre mort a été le souvenir de votre bonté. Oh, elle ne s’encombrait pas de gentillesse ; elle ne se vendait pas avec des confidences échangées. Nous la découvrions notamment lors des entretiens semestriels. L’un de nous m’avait fait un jour la remarque que nous y arrivions toujours un peu inquiets et en ressortions immanquablement apaisés et réconfortés. Nous attendions notre tour, souvent assis sur les marches de l’escalier, parce que ces entretiens duraient toujours plus longtemps que prévu. Vous nous connaissiez bien, vous aviez tout vu, tout retenu, beaucoup deviné ou pressenti de ce que nous avions vécu pendant les mois écoulés. Des choses qui nous paraissaient avoir passé inaperçues, vous les aviez repérées et portées dans votre cœur. Nous comprenions que vous nous aviez tenus devant Dieu, parfois à bout de bras. Vous ne nous reprochiez jamais nos manquements à votre égard, il pouvait y en avoir pourtant ; mais vous sentiez comme un sismographe ce qui se passait entre Dieu et nous et vous deveniez nos résistances et nos esquives. Vous saviez nous les dire, nous les suggérer, par un jeu complexe de paroles et de silences, et toujours pour nous encourager à oser être à Dieu davantage.
Vous nous avez supportés, et ce n’était pas rien, avec notre morgue de jeunes Français, plus si jeunes d’ailleurs, un peu impatients d’être enfin autonomes ou de l’être à nouveau, beaucoup ayant eu un commencement de vie professionnelle. Nous avions volontiers un avis sur tout et résistions peu à le donner, un peu sûrs que nous étions de porter un certain avenir de l’Église et le faisant savoir ou sentir. Jamais de colère chez vous, jamais de mépris, jamais de tentatives pour nous convaincre. Vous teniez votre ligne, avec une main ferme, sans nous faire porter vos hésitations ou vos irritations s’il y en eût. Une année, vous aviez ramené le temps d’adoration du dimanche soir à une demi-heure, nous expliquant que nous ne formions pas assez une communauté pour nous tenir davantage devant le Corps eucharistique du Christ. Que de réactions, que de débats entre nous ! Mais nous avions reconnu ce que nous faisait vous aimer : votre bonté ne voulait rien pas nous leurrer sur nous-mêmes, mais elle ne doutait pas non plus que nous pourrions, Dieu aidant, progresser davantage, passer sur une plus haute route.
Il y a deux ans, étant à Rhode-Saint-Genèse, comme cette année, je vous avais rendu visite, Maison La Colombière. Vous m’aviez reçu un après-midi après votre dialyse, parce que c’était le moment qui me convenait. Je vous avais retrouvé avec votre bonté, votre attention réelle à chacun, votre mémoire de détails minuscules mais significatifs. Et je vous avais retrouvé aussi tout consacré à Dieu.

Voilà l’autre aspect, cher Père, qui me revient de vous et qui revient sûrement à tous ceux qui vous ont approché. Vous étiez consacré à Dieu. Vous parliez peu ; cette rareté parfois épuisait notre jeunesse, de Français, de Parisiens en plus. Lorsque vous parliez, nous ne comprenions pas toujours, pas tout, pas du premier coup. Lors de la première journée des parents rue Charles-Debuck, vous aviez longuement, dans une homélie soigneusement rédigée, suivi le petit âne qui portait Marie. Ma chère mère, en sortant, m’avait demandé si vous parliez toujours ainsi ; mais elle avait remarqué surtout votre manière de célébrer la messe et compris, pressenti tout au moins, que votre parole exprimait quelque chose de votre consécration. Votre manière d’être à la messe nous guérissait de bien des inquiétudes liturgiques. Certaines années, pour nourrir nos réunions de communauté, vous commentiez les textes du concile. Que vouliez-vous dire ? Que comprenions-nous en ces soirées ? Une chose en tout cas : qu’il était assez second de savoir si nous serions prêtres (après tout, nous étions là pour nous préparer à le devenir) et plus secondaire encore de savoir comment nous le serions, mais qu’il était capital en tout cas que nous apprenions à être au Christ pauvre, chaste et obéissant, « lui que le Père a consacré et envoyé dans le monde » (Jn 10, 36). Là-dessus, vous ne transigiez pas.
Pour avoir vécu presque 5 années à proximité de vous, je crois avoir pu constater, et mes camarades avec moi, que vous vouliez être au Christ en tout, dans votre vêtement, dans votre nourriture, dans votre prière, dans votre réflexion, dans votre labeur incessant et discret, dans votre bonté. Votre consécration ne s’épanchait pas en discours pleins de ferveurs, elle ne se trahissait pas en manies pieuses, vous la viviez en actes et en attitudes, silencieux et fort. Plus tard, lorsque le Séminaire de Paris est sorti de ses langes et que vous y avez été associé, votre souci constant fut que les séminaristes y soient aidés à se donner au Christ pauvre, chaste et obéissant, non pas en intentions pieuses mais « en actes et en vérité ». Au conseil comme en quelques conversations stratégiques comme vous saviez les provoquer, vous avez fait ce que vous pouviez et pensiez devoir faire pour que les mises en œuvre concrètes du Séminaire servent cette consécration et permettent aux séminaristes sortis du cocon du Séminaire de trouver leur vie durant dans cette consécration leur force et leur réconfort.

Enfin, cher Père, vous serviez. Vous étiez sans doute entré pour cela dans la Compagnie de Jésus. Il était difficile de savoir ce qu’avaient été vos services précédents. Sur l’Afrique, seul le Père Camille Dumont parfois nous donnait une indication. Vous étiez mis à la disposition du diocèse de Paris pour diriger la maison de ses séminaristes étudiant à l’IET ; vous étiez à cette tâche, entièrement. A votre frère Albert vous étiez lié par un lien fort, plein d’admiration, nous le devinions et ce n’était pas une mince leçon car l’admiration entre deux frères est une denrée rare d’une noblesse sans équivalent. Ceci me permet de dire un mot de votre lien à votre mère. Mme Chapelle venait participer à la journée des parents de la Strada, et il était beau de vous voir, tellement fils devant votre mère qui avait été, qui était si forte et si vivante. Vous, si discret, vous ne nous cachiez pas ce lien filial et il nous était une leçon aussi.
Vous serviez donc, cher Père, un projet, un dessein, du cardinal Lustiger et de votre frère unis dans l’amitié spirituelle et la recherche du bien de l’Église. Quelquefois il nous était lourd d’être à ce point portés par un dessein tellement réfléchi, prié, discerné, savamment construit entre l’IET et la Strada ; mais nous avons été engendrés, je crois pouvoir le dire au nom de ceux qui y sont passés, pour être ou tâcher d’être des pasteurs selon le cœur de Dieu.

A ce stade, permettez-moi, frères et sœurs, d’augmenter l’action de grâce que je veux formuler devant Dieu pour le Père Paul Chapelle de l’expression de la dette que le diocèse de Paris a contracté pour longtemps à l’égard de la Province belge méridionale de la Compagnie de Jésus. Tant d’années durant elle a consenti à ce que le Père Paul Chapelle œuvre à la formation et au soutien spirituel de ses prêtres ; tant d’années aussi, avec le meilleur de ses forces, elle a rendu possible l’IET. Alors que cette Province fusionne avec la Province de France, qu’elle reçoive ici aussi le remerciement qu’elle mérite ; que ses provinciaux, morts ou vivants, soient remerciés d’avoir compris qu’à travers le Père Chapelle comme à travers l’IET, leur province rendait un service signalé à l’Église entière ; que tous les membres de cette Province et ceux qui y sont associés qui ont contribué et qui contribueront encore à la formation des prêtres à l’intérieur de la formation sacerdotale du peuple de Dieu soient remerciés.
La mort, pour le Père Paul Chapelle, s’était fait précéder par la maladie et la fatigue d’un lourd traitement. Ce 12 juillet 2017 néanmoins marque une étape, une charnière même. Il est acquis désormais que l’IET ne formera plus les prêtres comme il l’a fait si longtemps ; pour le diocèse de Paris, ce n’est pas rien. Le diocèse de Paris se prépare à changer d’archevêque ; puisse celui qui viendra comprendre ce qui est en jeu dans la formation des prêtres en ce nouveau millénaire ! Le Père Paul Chapelle s’en va vers la patrie. Plaise à Dieu, alors, qu’il puisse continuer, mieux que jamais dans l’invisibilité glorieuse, à inspirer ce qui convient pour que les prêtres de demain soient en vérité consacrés au Christ pauvre, chaste et obéissant, et ardents à le faire aimer.
Cher Père Paul Chapelle, en cette messe, nous vous avons remis entre les mains du seul Pasteur de nos âmes. Qu’en lui la vôtre boive désormais à la source avec votre frère, votre mère et tant d’autres qui vous ont guidés ou que vous avez guidés ; qu’il vous conduise maintenant du « creux du rocher », un peu secret, un peu camouflé, au jaillissement sans limite. Qu’en sa bonté, il permette à votre bonté que vous continuiez à veiller sur nous ; obtenez-nous la grâce d’être fidèles à ce que nous avons reçu. Notre supplication et notre action de grâce vous accompagnent.

Mgr Eric de MOULINS BEAUFORT,
Evêque auxiliaire de Paris 

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